Comment photographier un inconnu?

Ce n’est jamais facile, cite David duChemin dans son livre L’âme du photographe.

Bouquin que j’ai apporté lors de mon voyage et que je recommande fortement. Chaque jour, au petit matin, je plongeais dans son univers avec délice. Sa sensibilité me touchait et sa façon d’approcher les gens m’inspirait. Au chapitre « Photographier les personnes », j’ai lu une phrase étonnante.

« Photographier les gens est l’une des joies et des terreurs de mon métier. »

Terreur!?! Mince! S’il a si peur, pourquoi s’impose-t-il pareil supplice? Parce que sa passion, dévorante, est plus grande que la peur éprouvée. L’euphorie ressentie lorsqu’il réussit un portrait et qu’il saisit l’âme de la personne à travers son objectif vaut toutes les frayeurs du monde. Wow! Sa peur est surmontée par le désir d’approfondir des liens, de saisir en profondeur l’essence humaine. Très intéressant!

Le photographe de rue, limité par une scène vue de loin et en surface, se transforme en portraitiste lorsqu’il s’approche des gens, s’intéresse à eux, engage une conversation et à l’aide de son appareil saisit un moment mémorable.

Note : Un échange que vous le photographe se rappellera longtemps après.

Créer des liens, permet de franchir la ligne ténue de l’anonymat vers une rencontre inoubliable.

J’ai déjà tenté l’expérience auparavant, et je connais le trac que l’on ressent à l’idée de sortir de notre zone de confort et d’aller à la rencontre d’un inconnu pour lui demander de le photographier. Mais je connais également la joie fébrile d’avoir réalisé ce qui nous apparaissait… insurmontable.

Toutefois pour franchir un tel pas et dépasser notre appréhension, ça demande une certaine préparation. Je ne suis pas une experte, mais si l’expérience vous interpelle, voici quelques conseils que j’ai glanés au fil du temps:

1- Comment dépasser sa peur?

Il n’y a pas de recette magique, la peur nous habite, elle est là, bien réelle au creux de notre estomac. Le hic c’est que si nous la laissons prendre le dessus sur notre intention, elle nous paralyse. En respectant certaines règles de base, l’approche devient plus humaine et beaucoup plus facile à amorcer.

En fait, c’est le premier pas qui compte. Plus vous allez essayer, plus ça sera facile.

Marcheuse sur le mont Brome, Bromont, Qc, Canada

2- Comment aborder l’inconnu?

En souriant et en étant poli. Attendez-vous toutefois à un éventuel refus. Il est possible que votre futur sujet se sente intimidé et n’ait aucune envie de se faire prendre en portrait. Imaginez-vous installé à la table d’une terrasse et qu’un étranger s’approche avec son appareil photo. S’il a un ton sec et des yeux dictateurs, vous allez l’envoyer promener. Et pour cause!

Par contre, s’il est aimable et pointe son appareil photo d’un air interrogateur indiquant qu’il veut croquer votre portrait, votre réceptivité sera totalement différente.

3- Comment poser la fameuse question?

Une fois votre sujet repéré, prenez une grande respiration et approchez-vous (avant de changer d’idée). Regardez la personne dans les yeux, souriez, soyez sincère et respectueux. Dites bonjour. Ayez confiance, sans être arrogant (un dosage qui s’apprend à la longue). Une fois le contact établi, demandez-lui : « Puis-je prendre votre photo? »Tout simplement.

La plupart du temps, les gens vous accorderont leur approbation. Dans la négative, n’insistez pas et remerciez-les poliment.

Note : si vous êtes dans un pays dont la langue est différente de la vôtre, apprenez la question dans leur langue d’origine. En anglais : « Can I take your picture? »

4- Comment prendre la photo?

Lorsque le contact est établi et que la personne accepte de se prêter au jeu, allez-y. Prenez plusieurs photos et laissez la muse agir. Changez d’angle en prenant soin de ne pas placer le visage au centre. Si la personne regarde dans votre direction, faites la mise au point sur les yeux (ils sont une porte vers l’âme, ne les négligez pas).

Utilisez une faible profondeur de champ (grande ouverture, petit chiffre) pour atténuer l’arrière-plan. Peut-être qu’au début la personne sera un peu tendue, poursuivez, faire le bouffon, ou converser, peut aider à détendre l’atmosphère. Il y aura un moment où vous sentirez que la séance est terminée. Respectez votre sujet et permettez-lui de reprendre ses activités.

Note : David duChemin propose même de revenir un peu plus tard, pour prendre des photos moins « posées ». Les gens vous reconnaîtront, vous accorderont un regard entendu et seront plus naturels.

A-t-on le droit de photographier des gens dans la rue?

Oui. Ici, on parle de photo artistique et non commerciale, prise dans un lieu public et qui ne porte pas atteinte à la réputation.

Peut-on photographier des enfants?

Pour ma part, je demande l’autorisation des parents. Sinon, je m’abstiens.

←♥→

Vous voyez, ce n’est pas sorcier?

Allez, jetez-vous à l’eau, c’est une expérience extrêmement enrichissante et qui ouvre la voie de la créativité, parce qu’elle nous sort de notre monde habituel. 😉

66 commentaires sur “Comment photographier un inconnu?

  1. Bonjour, c’est en effet un exercice très difficile. Si on engage le dialogue avant pour obtenir l’accord du sujet, c’est déjà une étape.; mais si il s’agit de scènes de rue qui impliquent des personnes sans les avertir, c’est plus risqué; mais si l’on essaye de photographier des gens en situation de détresse (sans abris, vagabond, population misérables), il s’agit de se dépasser soi-même et ses propres angoisses pour y arriver. Mais est-ce possible?
    « La misère , c’est beau quand c’est bien fait » (Coluche)

    • Anne Jutras dit :

      Selon moi, il y a distinction entre faire un portrait et une scène de rue. Le portrait engage le photographe à entrer en contact avec le sujet, tandis que l’autre fait appel à la photo spontanée, prise à la dérobé.

      Toutefois, certains photographes (comme Thomas Leuthard -> http://www.thomasleuthard.com/info.html ) vont s’approcher des gens, prendre la photo et s’en retourner sans demander aucune autorisation.

      En ce qui concerne la pauvreté, ou les miséreux, je ne sais pas. J’hésiterais, je crois, mais j’ai vu des images assez percutantes qui font énormément réfléchir. Alors, tout dépend de la façon dont c’est exploité.

      Bon week-end, Claude et merci pour ton commentaire.

  2. Bonne idée que ton article du jour, pour ma part c’est une de mes joies personnelles que de faire de la photo d’inconnus (es). Je fais exactement comme tu le décris, approche aimable….etc et une autre technique plus sauvage diront certains je prends mes photos de loin avec mon 100-400mm les gens sont plus naturels moins posés moins stressés….C’est le genre de photos que j’aime de plus en plus prendre. exemples sur ma page SOLITUDES dans mon album Wix.ci dessous:
    http://hervecosme.wix.com/hervecosme#!home/mainPage

    bonne fin de semaine Anne

    • Anne Jutras dit :

      Bel album, Hervé! Il faut suivre son humeur, certains jours on a envie de se lancer vers l’inconnu, d’autre jour, on préfère garder ses distances, rien de mal là-dedans.

      Bonne fin de semaine à toi aussi!

  3. naturesereine dit :

    Tes photos sont splendides. Photographier l’humain est quelque chose qui me tente souvent mais je le fais dans ces cas là à la sauvette et surtout surtout souvent de dos, va savoir pourquoi les dos m’inspirent énormément. On voit beaucoup de choses dans certaines attitudes dorsales, toute une vie de souffrance parfois. belle journée à toi Anne

    • Anne Jutras dit :

      À la sauvette, ou de près, ça dépend du courage que l’on ressent et du défi qu’on a envie de relever. J’ai vu de très belle photo vu de dos, une silhouette humaine attire le regard, et selon la lumière créer des images significatives.

      Belle journée mon amie!

  4. Géniales ces photos ! Tout particulièrement la 1ère avec son traitement HDR en N&B !

  5. Merci pour ces excellents conseils !!

  6. Soizic dit :

    Merci pour ces conseils très utiles. Je fais des portraits de rue sans arrêt…avec mes yeux ! Je n’ai pas franchi le pas, ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque . Je garde en mémoire les belles occasions loupées ; il va falloir que je me décide enfin :-).

  7. chatou11 dit :

    Merci pour ce bel article Anne plein de bons conseils et pour tes photos. J’adore la première..
    J’aurais eu tendance à faire une photo de face et du coup je comprends mon erreur. Mais sur les yeux c’est en effet le reflet de l’âme.
    belle journée et merci pour tout

    • Anne Jutras dit :

      Merci Chatou. En effet, je préférais le profit de ce pêcheur avec ces deux pélicans qui regardent avec envie les poissons à dévorer. 😉 Heureuse que cet article te plaise.

  8. Doudou dit :

    Très belles photos ! Mes yeux et mon cœur te remercient. Cet été, mon chéri a photographié une très vieille Crétoise, à la terrasse d’un café en bord de mer. Il a demandé la permission en douceur, d’un sourire et d’un geste vers l’appareil (barrière de la langue) et elle a acquiescé simplement et tranquillement d’un geste de tête : la photo est magnifique ! Je l’aime, cette dame, quand je la regarde, j’ai l’impression de la connaître un peu et qu’elle nous a livré quelque chose d’elle…. Bizarre.

    • Anne Jutras dit :

      Je suis certaine que la photo génère de merveilleux souvenirs aussi, c’est le plaisir de prendre des photos, tant de souvenirs émergent quand je regarde les miennes. Ton chéri a bien! 😉

  9. C’est vrai Anne qu’à partir du moment où on demande une autorisation, à partir du moment où on est poli ou on a le sourire etc … toutes les portes s’ouvrent. Et dans le cas où la personne ne désire qu’entrouvrir la porte et de ne pas nous laisser entrer on se « doit » de le respecter, de lui sourire en disant merci et au revoir, toujours avec le sourire 😀
    Anne, c’est ce que devraient faire toutes les personnes qui photographient les gens c’est exactement ce que je fais mais je rajoute la question : « me permettez-vous de diffuser votre image sur internet (mon blog) ? », car je pense que trop souvent les personnes pensent qu’on prend des photos uniquement pour les regarder sur notre ordinateur, sans les partager d’une façon ou d’une autre et sans savoir qu’ils se retrouveront sur la toile 😀
    Concernant les prises de vue photographique des gens sans leur autorisation c’est possible oui comme tu le dis, tant qu’ils sont dans un lieux public et qu’on en les visent pas personnellement (c’est-à dire qu’il y ait d’autres personnes sur la photo).
    En revanche, je n’apprécie pas de voir sur les blogs des photos de gens pris en rue puis la mention : si vous vous apercevez sur ce blog et que vous ne désirez pas apparaître etc …. tout en sachant pertinemment qu’on ne leur a pas demandé leur autorisation, mais qu’on le fait quand même . Comment des inconnus pris en photo sans leur accord peuvent ils savoir que leur image parait sur tel ou tel blog , comment pourraient ils dans cette condition demander aux gens d’enlever l’image ? Je trouve alors cette façon d’agir pas cavalière du tout. (un petit coup de gueule , je te prie donc de m’excuser)
    Il y a bien sur des gens qui ne sont pas du tout au courant de cela et diffusent sans penser à mal.
    Belle journée et bravo pour ton article 😀

    • Anne Jutras dit :

      Merci ma chère pour ce commentaire qui vient rejoindre ma ligne de pensé. Il y a différent point de vue quant à l’autorisation à demander, certaines photographes ne se donnent même pas la peine de demander la permission. C’est ce qu’on appel de la photo de rue, je ne vois rien de mal là-dedans tant que ça ne vient pas malmener la réputation de la personne.

      Quand à faire des portraits de très très près, presque devant leur nez, sans leur demander l’autorisation, ça, je ne suis pas à l’aise et ne vise pas ce genre d’image. Je préfère demeurer loin ou encore demander la permission.

      Pour le web, tu as raison, quand j’ai la possibilité d’avoir les coordonnées de la personne, je lui envoie l’image pas courriel et lui demande si je peux publier sur mon blogue, jusqu’à maintenant, j’ai toujours reçu des répondes positives.

      Bon week-end!

      • En France il n’y a qu’un point de vue. C’est illégal de prendre une photo d’une personne sans le lui demander (mais ça, tout le monde ne le sait pas).
        Lors d’une visite que je faisais aux catacombes cet été , une personne a prit une photo de moi sans mon autrorisation; Je suis allée vers lui et lui ai demandé poliment de l’enlever de son appareil (sous mes yeux).
        Tu essayerais de faire une photo de tres près d’une personne en France, sans son autorisation … je n’aimerais pas me trouver à ta place 😀
        Mais je reconnais que parfois c’est très tentant 😉
        Bon weekend (soleil ici)

      • Anne Jutras dit :

        Oh, je ne savais pas qu’il y avait cette contrainte en France. Je trouve par moment que c’est un peu excessif, mais en même temps, je comprends. Au Canada, les lois ne sont pas les mêmes, mais il faut tout de même faire attention par respect pour les autres. 😉

  10. fabuc dit :

    Bonjour, Excellent article qui permettra à beaucoup de dédramatiser ce type de photos. Pour ma part, je fais d’abord la photo pour profiter de l’attitude naturelle du sujet et ensuite je demande autorisation de l’utiliser. Si c’est un refus, j’efface la photo de ma carte. Shootant toujours entre 24 et 50 mm, je ne suis pas très discret, donc la plupart du temps la personne c’est rendu compte de ma présence et me signifier son refus. Pour les enfants, accord parental également. Et pour les situations de détresse, je m’abstiens car c’est hors de ma compétence et c’est le genre de situation où je n’aimerais pas me faire prendre en photo.
    PS : le N&B est superbe.

    • Anne Jutras dit :

      Merci Fabuc! Nous ne sommes pas tous à l’aise avec ce type de photo, la confiance et le respect doivent s’associer à nos prises de vue. J’avoue ne pas toujours être dans le « mood » à ce moment-là, je garde mes distances. Mais c’est une expérience enrichissante qui vaut la peine d’être vécu au moins une fois dans sa vie de photographe. 😉

      Pour la détresse, c’est excessivement délicat, il y a la dignité à respecter et , du coup, ne pas créer quelque chose « d’opportuniste », ce qui n’est pas une mince affaire.

  11. Sujet intéressant traité avec sensibilité, intelligence, profondeur et respect. Merci de partager.

    Amicalement,. Yves

  12. shuteu dit :

    A reblogué ceci sur Comme une bouteille à l'amer and commented:
    Je me le note pour plus tard car je de graves envies de tirer des portraits 🙂

  13. Terrific post as usual Anne. I love David duChemin’s books and work. This images a fantastic but the first one is my absolute favorite. Just glorious!

  14. Maria-Lina dit :

    Un gros merci pour tous ces bons conseils, tes photos sont magnifiques comme toujours! Je craque pour la photo du pêcheur! Bisous tout doux et plein de petits bonheurs!

  15. Mary dit :

    Merci pour tes réflexions et tes superbes photos ! Je me suis trouvée un jour à la gare de Toulouse j’attendais une correspondance et j’en avais pour 2 heures d’attente. Alors j’ai observé les gens autour de moi et je m’imaginais les portraits que je pourrais faire . J’ai eu plein d’idées !
    Mais je n’ai pas osé sortir mon appareil ( qui n’est pas un super appareil je ne suis qu’une débutante ) et aussi par timidité. Tes conseils vont m’aider à me lancer c’est sûr. Merci encore et bonne soirée .

    • Anne Jutras dit :

      Mary, tu sais, ce n’est pas l’appareil qui compte, c’est ta vision. En fait, un simple compact, ou voire un téléphone portable peut très bien faire l’affaire. Parfois, c’est même mieux puisqu’ils sont plus discrets et beaucoup moins impressionnants. 😉

      En ce qui concerne la timidité, je te comprends parfaitement, je suis exactement comme ça. Certains jours, je ne suis pas assez « brave », alors je vais me contenter d’une photo de loin, dites photo de rue. D’autre fois, je me botte le derrière et me risque à sortir de ma bulle. À tout coup, ça donne de bon résultat et me donne un sentiment de fierté. héhéhé

      Allez, Mary, vas-y!

  16. Quel délicat exercice, les mains moites, les palpitations, et cette peur de voler un portrait! Mais malgré tout l’envie de garder sur le capteur un visage et une situation hors du commun! Merci pour cet article!

    • Anne Jutras dit :

      Oui, la passion qui dépasse la peur! 😉

      J’ai le même feeling avec les photos d’araignées, je les trouvent repoussantes et elles me font peur (je n’y peu rien), pourtant chaque fois que j’en croise une, c’est plus fort que moi, je m’approche pour la photographier. Tu devrais voir les grimaces qui accompagnent « la » séance. 😉 Tu serais mort de rire!

  17. Oui effectivement il suffit de demander mais parfois on est timide, on anticipe un non…
    Mais qui ne tente rien n’a rien!
    Cela m’arrive rarement, ce n’est pas ce que je préfère.
    Cependant, en ce moment, je photographie dans une maison de retraite et il m’a fallu, pour y parvenir, faire cette démarche: demander et prendre le risque d’un non.
    Au final, ce fut oui!
    Par contre, les photos ne sont pas montrées sur le net, une question de droit à l’image.

    Bon weekend à toi

    • Anne Jutras dit :

      Beau projet que tu as là, Chrys! J’aimerais bien me trouver quelque chose de semblable, quelque chose qui pousse à sortir de ma zone de confort. Hum… je vais bien trouvé.

      Ce n’est pas toujours évident d’aller vers des inconnus et de leur demander de les photographier, ça demande un brin de courage. Merci pour ta fidélité.

      Bon week-end à toi également. 😀

  18. Billet très intéressant. tes photos sont aussi très réussies. C’est quelque chose que je veux souvent faire en voyage, mais je suis paralysée. Peut-être les habitants se disent-ils « ah non, maudit touristes! » Alors je passe mon tour… J’ai raté de nombreuses occasions de photos pour cette raison. Je m’attaque donc aux animaux et aux oiseaux en attendant de débloquer 😉

    Au fait, dans la même veine, Laurent du blogue Apprendre la photo a publié récemment la traduction française du livre Going Candid de Thomas Leuthard qui traite de la photographie de rue. Il semble que ce soit un des maîtres en la matière… Je lirai également le livre dont tu parles au début de ton article.

    Bonne fin de semaine !

    • Anne Jutras dit :

      Merci Sophie! Je crois que si on arbore un sourire et un mot gentil les gens vont être plus enclin à se faire prendre en photo. Mais je suis d’accord avec toi, ce n’est pas aussi simple que de photographier un paysage. Ça demande un tact et une bonne dose de cran. Mais si tu t’y risques, et que ça marche, tu en ressentiras une très grande satisfaction.

      En ce qui concerne Thomas Leuthard, j’ai lu ces Ebook qui traitent de la photographie de rue. Toutefois, son approche est totalement différente de celle de Davide duChemin. Thomas ne demande aucune autorisation, il s’approche, parfois très près, prend sa photo et continue son chemin doucement pour ne pas éveiller les soupçons. Technique que plusieurs reprochent de brutal. Je n’irais pas jusque là, par contre, les conseils qu’il prodigue – concernant le matériel et la technique – sont fort pertinentes.

      Bonne fin de semaine!

  19. lemarcal dit :

    Et oui t’as entièrement raison. Mais moi je suis un lâche alors j’utilise le déclenchement silencieux du 5D3 pour shooter discretos et je m’enfuie ! 😛
    Mais ça me met tellement mal à l’aise que je me contente à 99% d’une petite silhouette au loin… C’est tout.

  20. L’art du portrait est en soi une technique que je n’ose franchir. L’art de la photo sur le vif «snap shot» suppose une maitrise exceptionnelle de l’instantané. Il n’est pas facile de capter l’activité urbaine. Je me suis déjà fait violemment apostropher parce que je prenais un cliché de gens traversant une rue. La discrétion et la politesse sont de rigueur, vous avez entièrement raison. Merci pour cet excellent exposé fort instructif, au demeurant.

    • Anne Jutras dit :

      Oh là là, Pierre, c’est sérieux dans ton coin de pays! Dans ces conditions vaut mieux rester loin. Dommage parce que le contact humain nous procure un petit quelque chose qu’on ne retrouve dans les paysages. 😉

  21. Bjr ,
    Un bel article !
    Je suis en effet pour la demande , mais aussi on loupe parfois des instantannés , des expressions ! C’est toujours délicat – Il y a une legislation en France , pas à l’identique dans d’autres pays ! il faut limiter ses risques , parfois renoncer !
    Si c’etait sur nous !!! que dirait on ? Ma belle soeur vit en égypte ( encore pour quelques mois) , depuis la libération, les egyptiens prennent un grand plaisir de photographier les blancs ( plus particuliérement les femmes et les enfants) Elle est par moment débordé par des jeunes avec leur portable … clic clic et sans demander … au debut sourire … assez vite grimace ….!!!
    Belles photos sur cet article et sur ton blog !
    Beau week end
    Patrick

    • Anne Jutras dit :

      Je me mets à la place de ta soeur, avec des photographes « Paparazzi » qui sont constamment en train de te tourner autour pour avoir des images ça devient irritant. La modération a toujours meilleur goût. Et je m’aperçois que les lois diffèrent d’un pays à l’autre. Nous ne sommes pas libre de faire ce que l’on veut partout dans le monde. 😉

  22. Allo Anne
    voilà un bel article qui nous prodigue les bons conseils de la pro que tu es point de vue photographie !
    le Hic dans la photo d’inconnu c’est le droit à l’image donc oui demander est surement plus raisonnable…! ou bien alors il faut prendre en photo des inconnus sans qu’on puisse les identifier directement, soit de dos etc etc…enfin bon j’suis pas du tout expert dans le domaine donc…lol
    bisous Anne et vraiment trop belles comme toujours tes photos

    • Anne Jutras dit :

      En demandant la permission est préférable, ça évite les désagréments. Toutefois, puisqu’il s’agit de photo artistique, et non commercial, la latitude est plus grande.
      Merci de ta visite, Gaël! 🙂

  23. les cafards dit :

    très très interessant, merci pour cet article

  24. lou dit :

    ça y est j’ai mon super appareil photo de ouf de la mort qui tue!!!! Je vais pouvoir tester touuuuuuuuuuus tes conseils!!!! Bon dès qu’il arrêtera de pleuvoir mais ça n’empèche que ça va être trop bien 😉

  25. lancoliebleue dit :

    Encore une fois merci pour tous ces conseils, merci de partager tout ça avec nous. Je pense que pour moi, la première chose à faire est d’arrêter d’être une sauvage qui fuit les gens… hihihihi si je veux photographier des humains 😉

    • Anne Jutras dit :

      Je suis un peu comme toi, et allez vers les inconnus ça me fait vraiment sortir de ma zone de confort. Pas évident, mais chaque fois j’en ressens une grande satisfaction. 🙂

  26. Bonjour !

    Je viens à mon tour faire une petite visite dans ton univers photographique qui me semble fort, fort sympathique d’après ce que j’ai vu !

    Je m’arrête sur cet article car il traite d’un sujet qui nous tient tous vraiment à coeur : le portrait. Que serait la photographie sans le portrait ???

    J’aimerais juste ajouter par rapport à ce qui s’est dit, que le fait d’être une fille (désolée messieurs !) est, me semble-t-il un très grand avantage qu’il ne faut pas négliger. Cela nous permet de de plus de prendre assez indifféremment des hommes, des femmes mais aussi des enfants sans pour autant éveiller de suspicions.

    Pour ma part, je fais de plus en plus de photographies de rue car maintenant je vis en ville. Ceci dit, je m’arrange malgré tout pour que les gens ne soient pas vraiment reconnaissables. Cette histoire de droit à l’image est effectivement très très, mais vraiment très pénible ! Mais c’est encore un autre sujet qui pourrait être intéressant de traiter d’ailleurs. De plus, je n’utilise jamais mon réflex en ville. J’ai un micro 4/3, très discret qui permet de passer vraiment inaperçu. Et quand il s’agit de demander aux gens si on peut les prendre en photo, c’est également plus facile car beaucoup plus commun.

    Bonne soirée !

    Laurence

    • Anne Jutras dit :

      Bonjour Laurence, merci pour tes bons mots! Intéressant ce que tu dis en rapport avec le fait d’être une femme, la méfiance est moins présente. Je ne suis pas une spécialiste du portrait, mais j’aime beaucoup explorer ce thème quand l’occasion se présente. L’humain ajoute une dimension plus profonde à l’image, raconte, selon le contexte, une histoire intéressante.

      Effectivement, un micro 4/3 passe presque inaperçu. Mon boitier est tellement gros que ça impressionne les gens, pour déjouer cette barrière j’essaie de les regarder par-dessus mon appareil, afin qu’ils ne regardent pas seulement une grosse machine à photographier, mais un humain. 😉

  27. 1cruzdelsur dit :

    I agree with your story and description. On one occasion while I was walking through a village in Uruguay, I met a very interesting person, to take the picture he was happy. But it happens all the time in South America, it can sometimes be tricky. I paste my post from that day.
    http://1cruzdelsur.wordpress.com/2012/01/22/en-el-sur-de-uruguay-retratos-en-el-camino/
    Merry Christmas
    Cruz del Sur

  28. Rotdenken dit :

    Un article très intéressant, j’arrive généralement à avoir un bon contact avec les gens, mais je prends le plus souvent des photos à la sauvette (dos ou sans l’avant du visage). Difficile à dire si c’est parce que rien ne m’inspirait ou si c’est parce que je n’ai pas voulu/osé faire la démarche. Il faut dire aussi que je suis plus paysage.

    Mais ton article me donne envie de sauter le pas, je vais tenter lors de mes prochaines sorties, si l’occasion se présente. Merci 🙂 Très belles photos au fait, j’aime particulièrement celle de la jeune fille assise à la plage.

    • Anne Jutras dit :

      Bonjour Rotdenken, pas facile d’aller à la rencontre d’un étranger, mais si l’approche est amical l’accueil sera plus favorable. Le pire qui peut arriver c’est qu’il y ait un refus, dans ce cas tu poursuis ta route et la vie n’en sera pas plus misérable pour autant. 😉 Ça vaut le coup d’essayer, c’est très stimulant.

      Merci de ta visite, ça me fait plaisir! 🙂

  29. JimR dit :

    De belles images d’Anne, comme toujours. J’aime particulièrement les images de l’homme à l’accordéon et l’un avec l’oiseau en vol. Vous avez capturé celui-ci juste au bon moment. Meilleurs vœux à vous et les vôtres au cours de la saison des fêtes.

  30. Sandra C. dit :

    j’adore la photo avec l’oiseau ! la démarche que tu viens de d’écrire n’est pas qu’une simple leçon de photographie ..;elle dit bien plus encore sur les relations humaines, sur la peur que nous avons parfois de demander ! en tous cas on se sent bien ici je reviendrai régulièrement !

  31. […] Jutras, photographe canadienne, s’est récemment posé la question : « Comment photographier un inconnu ? ». Son billet défend la thèse de la transparence. C’est, certes, s’exposer à un refus mais […]

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